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The mispromotion of Anita Baker, histoire d'une discrète talentueuse


 WEB Du Bois
ANITA BAKER

C’est à l'instant où la pression est au summum dans le vestiaire, que toute l’équipe de Chicago Bulls est occupée à exécuter les derniers rituels d’avant match, que Michael Jordan s’isolait sous son casque, pour se laisser emporter vers le match par "Giving You The Best That I Got" d’Anita Baker. Le jour où il avait confié à un journaliste que c’est cette chanson qu’il avait l’habitude d’écouter sous son casque, avant de prendre la direction du parquet, tout le monde s’en étonna. Parce qu’il était de coutume à l’époque que les joueurs de basket écoutent plutôt du hip hop ou une musique bien rythmée, par exemple, le funk du godfather James Brown.


Cette anecdote illustre parfaitement l’histoire d’un athlète au-dessus de sa génération s’inspirant d’une artiste qu’il sait, de son côté et dans son registre également au-dessus de sa génération.


Anita Baker vient du l’école du Jazz, ses références de jeunesse étaient Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Nancy Wilson, Billie Holiday etc. une filiation qui se ressent dans le son de son R&B si particulier. Sa technique de chant s’enracine dans le Jazz de sa jeunesse, tout en puisant son énergie dans le R&B de son époque. Ajouté à cela, il y a la texture de sa voix qui résonne comme le jus de canne à sucre, une canne à sucre bien mure, sur le point de s’alcooliser.

1895_ La Promotion doctorale de WEB DUBOIS à Harvard.jpg


Voilà l’arsenal de dons avec lequel cette immense chanteuse a marqué son temps et l’histoire de la musique, sans pour autant être reconnue comme il se doit, et installée à la place qui lui revient de droit. Pourtant tous les professionnels du métier lui reconnaissent cette place, et même la jeune génération qui lui a emboité le pas au début des années 90 et, s’inspirant d’elle, a porté le R&N à un niveau de promotion inespéré, lui reconnait ce statut iconique, et le rôle d’inspiratrice qu’elle avait occupé. Pour Mary J Blige, Tony Braxton, Whitney Houston, Mariah Carey, Lalah Hathaway, Tamia Hill India Arie etc, “everything started with Anita”. C’est en la regardant à la télé qu’elles se sont dit, un jour, voilà ce que j’aimerais devenir.


Seulement, la talentueuse Anita est arrivée un peu trop tôt sur le marché, isolée entre la vieille génération surfant encore à l'époque sur le crépuscule du Jazz, de la Soul, et du Funk, et celle des années 1990 qui a suivi et va porter, avec le streetwear et l’explosion des clips, le RnB à un niveau de promotion commerciale inimaginable. Entre la classe si précieuse de sa musique, sa technique de chant merveilleusement old school, et sa prestation vestimentaire de femme bien éduquée, elle n’a pas su se frayer le chemin vers le succès commercial et les sommets qu’elle méritait. Même à Détroit, ville de son enfance, un certain Berry Gordy de la Motown n'avait pas cru en elle au départ. Pourtant elle a compté et comptera toujours.




Ouzire Améthépé

Mon Petit Bouillon de Culture du Dimanche Paris, Avril 2021




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